Société

Les femmes et le gaming : invisibles ou mal représentées ?

En 2025, les femmes constituent près de la moitié du public vidéoludique français. Pourtant, elles restent minoritaires dans les studios et exposées au sexisme en ligne. Le jeu vidéo peut-il devenir un espace véritablement mixte ?

Joueuse de jeu vidéo concentrée devant son écran, dans une pièce éclairée par des néons colorés

En 2025, 19,5 millions de femmes jouent aux jeux vidéo en France, soit 49 % des joueur/euses occasionnel/les. © Unsplash / Florian Olivo

Des joueuses en masse, des personnages en moins

Selon l'étude Médiamétrie/SELL 2025, 49 % des joueur/euses occasionnel/les en France sont des femmes, soit 19,5 millions de personnes. Chez les 16-30 ans, elles sont même majoritaires (55 %). Mais cette parité dans les manettes ne se reflète pas à l'écran : 66,5 % des personnages dans les 100 jeux les plus joués sont masculins (Diamond Lobby, 2022).

« Les jeux vidéo sont créés par des hommes et pour des hommes. Ce qui ne facilite pas l'envie des femmes à vouloir entrer dans l'industrie. »

Anna-Maria Trefois — chercheuse au Liège Game Lab (RTBF, 2025)

Ce déséquilibre rejoint un problème plus large : dans le recrutement par IA, où les femmes sont visées par des algorithmes entraînés sur des données biaisées, perpétuant les inégalités dans tout le secteur numérique.

49 % des joueur/euses occasionnel/les en France sont des femmes en 2025 — mais seulement 20 % des effectifs dans les studios de développement (Médiamétrie/SELL, 2025)

Un environnement encore hostile

Une enquête IFOP/GamerTop (2023) révèle que 40 % des gameuses françaises ont subi une forme de sexisme en ligne, jusqu'à 66 % dans les jeux de combat. Dans les studios, les femmes ne représentent que 20 % des effectifs (contre 10,6 % en 2014). Sur Twitch, elles ne constituent que 11 % des créateur/ices de contenu.

« Le jeu vidéo, comme d'autres industries technologiques, s'est construit sur un système qui entretient les inégalités de genre. »

Women in Games France — infographie 2024

Pour autant, rien n'est perdu : des initiatives émergent. 38 % des femmes de 19-24 ans envisagent désormais une carrière dans le secteur (+13 points depuis 2023). Le changement est en marche, mais il suppose aussi de repenser les outils numériques, car lorsque des algorithmes de recrutement biaisés filtrent les candidatures dans la tech, ils freinent la diversification de ces industries.

Auteur Chrisnaël Berdier

Étudiant en BUT MMI à l'Université des Antilles, Pôle Guadeloupe. Passionné par les enjeux numériques, les biais algorithmiques et les questions de représentation dans les industries tech.

À lire aussi Tableau de bord analytique de recrutement sur un écran
Numérique
Algorithmes de recrutement : discriminer sans le savoir ?
Les algorithmes de recrutement reproduisent les biais humains. Entre discrimination invisible et régulation européenne, enquête sur une IA à surveiller.